Les Maladies Cardio-Vasculaires selon le Dr de Lorgeril

MICHEL DE LORGERIL · ALIMENTATION · PRÉVENTION CARDIOVASCULAIRE

Ce que l’alimentation change pour le cœur

Avec Patricia Salen et l’équipe de l’étude de Lyon, Michel de Lorgeril a étudié une question concrète : que change une alimentation méditerranéenne après un premier infarctus ?

Ce qui m’intéresse ici, c’est le passage des habitudes quotidiennes aux résultats observés chez les patients. Je vous propose de partir de l’essai, de regarder le modèle alimentaire, puis de revenir au livre et aux questions qu’il soulève.

Portrait de Michel de Lorgeril.
Michel de Lorgeril

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Quels résultats dans l’étude de Lyon ?
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L’essai porte sur 605 personnes ayant déjà eu un infarctus. Son suivi compare notamment les décès cardiaques et les infarctus non fatals entre deux groupes alimentaires.

À quoi ressemble le modèle méditerranéen ?
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Le modèle repose sur un ensemble de choix répétés : place des végétaux, diversité des repas et qualité des matières grasses. Les études évaluent cette organisation d’ensemble.

Comment lire le livre et les débats ?
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L’étude de Lyon : des résultats après un infarctus

La Lyon Diet Heart Study répartit 605 personnes après un premier infarctus : 302 dans le groupe méditerranéen enrichi en acide alpha-linolénique, un oméga-3 végétal, et 303 dans le groupe témoin. Il s’agit de prévention secondaire, c’est-à-dire de prévention d’un nouvel événement chez des personnes déjà atteintes.

Après un suivi moyen de 46 mois, la publication de 1999 rapporte, pour le critère associant décès cardiaques et infarctus non fatals :

GROUPE MÉDITERRANÉEN

14 événements

Décès cardiaques ou infarctus non fatals.

GROUPE TÉMOIN

44 événements

Le même critère, dans le groupe de comparaison.

de Lorgeril et coll. · Circulation · 1999 · suivi moyen de 46 mois

L’article initial de 1994 présentait les résultats après 27 mois en moyenne : 3 décès cardiaques et 5 infarctus non fatals dans le groupe méditerranéen, contre 16 et 17 dans le groupe témoin. Les deux publications suivent la même cohorte.

de Lorgeril et coll. · Lancet · 1994 · résultats initiaux

Un modèle alimentaire qui se construit au fil des repas

Illustration aquarelle d’une table méditerranéenne : haricots blancs, légumes, céréales, noix, pain et huile d’olive.
Légumes, légumineuses, céréales, noix et huile d’olive : une table méditerranéenne. Illustration.

Je retiens surtout la cohérence du modèle : des aliments variés, une large place aux végétaux et des habitudes que l’on peut répéter. Les recherches comparent des façons de manger pendant plusieurs années. Leur résultat concerne ce modèle alimentaire dans son ensemble.

DIVERSITÉ

Donner de la place aux végétaux

Légumes, fruits, légumineuses et céréales composent une grande variété de repas.

MATIÈRES GRASSES

Regarder les aliments et les huiles

Huile d’olive, noix et autres aliments apportent des profils d’acides gras différents.

DURÉE

Construire des habitudes durables

L’accompagnement alimentaire et la régularité font partie des essais suivis au long cours.

CORDIOPREV · comparaison de deux modèles alimentaires et accompagnement diététique · 2022

APRÈS LYON · CORDIOPREV · 2022

Une comparaison sur sept ans chez 1 002 patients coronariens

À Cordoue, l’essai randomisé CORDIOPREV compare une alimentation méditerranéenne à une alimentation pauvre en graisses. Les deux groupes bénéficient d’un accompagnement diététique.

MÉDITERRANÉENNE

17,3 %

87 participants sur 502 avec un événement du critère principal.

PAUVRE EN GRAISSES

22,2 %

111 participants sur 500 avec un événement du même critère.

Le critère principal regroupe infarctus, revascularisation, AVC ischémique, artériopathie périphérique et décès cardiovasculaire. L’écart brut entre les proportions est de 4,9 points. Les participants sont majoritairement des hommes (82,5 %). Chaque essai se lit avec sa population, ses critères et son contexte de soins.

Delgado-Lista et coll. · Lancet · 2022 · essai CORDIOPREV

Des repères pour lire les résultats et les débats

Une analyse sanguine et un événement cardiaque donnent deux informations

Dans Lyon, les lipides sanguins restent comparables entre les groupes en 1994, alors que les événements cardiaques diffèrent. Cela souligne l’intérêt de suivre les résultats cliniques d’une alimentation, en plus des marqueurs biologiques.

Lyon Diet Heart Study · 1994

Les essais alimentaires et les essais de baisse du LDL se complètent

La synthèse CTT de 2010 regroupe 26 essais randomisés et environ 170 000 participants. Elle rapporte une réduction relative de 22 % des événements vasculaires majeurs par baisse de 1 mmol/L du LDL. Le risque de départ permet ensuite de comprendre ce que représente ce résultat en termes de bénéfice absolu.

Cholesterol Treatment Trialists’ Collaboration · Lancet · 2010

Le livre de 2011 développe les positions de ses auteurs et mon compte rendu présente aussi mes propres commentaires. Les publications citées permettent de revenir aux populations étudiées, aux interventions comparées et aux résultats mesurés.

Le livre : Prévenir l’infarctus et l’accident vasculaire cérébral

Couverture du livre Prévenir l’infarctus et l’accident vasculaire cérébral, de Michel de Lorgeril avec Patricia Salen.

D’après le livre du Dr de Lorgeril “Prévenir l’infarctus et l’accident vasculaire cérébral”, de 2011, ISBN 978-2916878881

Livre co-écrit entre le médecin et chercheur au CNRS de Lyon, Michel de Lorgeril, et Patricia Salen, nutritionniste diététicienne assistante de recherche à Grenoble, France.

Lyon, alimentation et prévention

Mon compte rendu du livre : l’étude de Lyon
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Le Dr de Lorgeril était le principal investigateur dans l’étude de Lyon des années 1990, et Mme Salen en était responsable des aspects nutritionnels. Pour rappel l’étude de Lyon, durant les années 1980-90, avait pour la première fois démontré de façon rigoureuse l’effet protecteur de l’adoption d’un régime méditerranéen traditionnel, avec jusqu’à 70% de rechute d’infarctus en moins et donc aussi une longévité accrue.

La Lyon Diet Heart Study est un essai de prévention secondaire : 605 personnes ayant survécu à un premier infarctus ont été réparties entre deux groupes. Les articles de 1994 et de 1999 correspondent à deux étapes du même essai.

de Lorgeril et coll. · Lancet · 1994

Ce livre est donc une référence scientifique sur le sujet de la prévention des maladies cardiovasculaires et des cancers par l’alimentation. Des approfondissements de ces découvertes auraient dus être diligentés par les autorités médicales responsables de la santé de leur citoyens, mais ce ne fut pas le cas, et d’ailleurs des raisons classiques en sont données dans ce livre, comme le lobbying puissant des industries pharmaco médicales qui ne souhaitent pas perdre des parts de marché même en contrepartie du bien être des populations.

La première partie du livre concerne la prévention de l’infarctus, première cause de mortalité en France et dans le monde. Les accidents cardiovasculaires (AVC) étant la troisième cause après les cancers.

L’introduction nous dit que bien que compliquées à expliquer ou à comprendre, les maladies cardiovasculaires sont faciles à empêcher, et ce livre nous explique comment faire. Même en France, où les secours arrivent vite et sont très bien organisés, formés et équipés, encore 50% des victimes d’infarctus meurent dans l’heure qui suit. Dans certaines populations fragiles, le taux de mortalité à quelques jours peut même monter à 80%.

Les chiffres de mortalité se lisent avec leur population et leur durée de suivi. L’infarctus est une lésion du muscle cardiaque ; l’arrêt cardiaque peut en être une complication. Dans son dossier actualisé en 2019, l’Inserm indiquait environ 10 % de décès dans l’heure et 15 % à un an après infarctus.

Inserm · dossier Infarctus du myocarde · actualisation 2019

Pour le classement national, les données françaises de 2024 placent les tumeurs au premier rang (27,1 % des décès), devant les maladies cardio-neurovasculaires (21,2 %), qui comprennent notamment infarctus, AVC et insuffisance cardiaque.

Drees, CépiDc et Santé publique France · décès 2024 · publication 2026

Malheureusement les médecins n’ont pas de formation en nutrition, ni le temps d’en expliquer les longs tenants à leurs patients, et le raccourci est généralement d’utiliser des médicaments, sans aucune explication sur les possibilités de prévention bien connues qui sont très efficaces.

La pollution atmosphérique a aussi une grande part dans la survenue des maladies cardiovasculaires, par l’inflammation générée par les micro et nano particules, comme celles provenant des pots d’échappement, du chauffage au bois ou des centrales urbaines, et des industries. (Mais aussi des poussières des pneus qui frottent sur la route)

Les habitudes alimentaires sont bien sûr le terrain de base pour la prévention. Notamment les carences accumulées au fil des années à cause d’aliments trop pauvres en micronutriments ou transformés et rendus ingérables.

L’exercice physique est aussi essentiel, car la sédentarité n’est pas naturelle pour l’humain qui a toujours eu des journées actives.

En chapitre 3 sont présentées les preuves ultimes que c’est notre mode de vie qu’il faut améliorer pour prévenir ces maladies, et non pas espérer que quelques aliments ou suppléments spéciaux nous changerons la vie de façon miraculeuse.

Ce livre présente des conclusions basées sur les découvertes de l’étude de Lyon, et des autres qui ont été menées ensuite par d’autres groupes de médecins et scientifiques. Il ne s’agit pas de spéculations ou d’expériences dans des tubes, mais de faits qui ont été vérifiés sur des personnes vivantes. C’est une histoire compliquée qui a mené à la mise en place de l’étude de Lyon, mais qui est complètement dévoilée dans ce livre.

Pour résumer, le pôle cardiologique de Lyon était le seul qui ne changeait pas les habitudes de vie des patients après une greffe de cœur.

Et cela menait à des taux de mortalité élevés, puisque les patients restaient sédentaires, buvaient trop, fumaient et vivaient comme avant la survenue de leurs problèmes cardiaques. Et c’est grâce à cette situation qu’ils ont pu constater qu’un changement alimentaire et de style de vie changeait la donne, et permettait aux patients de vivre beaucoup plus longtemps. C’est un concours de circonstances et de personnages exceptionnels, comme souvent en science et ailleurs, qui a permis d’aboutir à ces découvertes et preuves scientifiques incroyables.

Les corrections du mode de vie furent simples :

  • arrêt du tabac
  • pour l’alcool, uniquement du vin durant les repas
  • diète méditerranéenne
  • exercice physique organisé

L’intervention alimentaire de Lyon modifiait plusieurs composantes des repas. Les résultats concernent ce modèle d’ensemble ; ils ne permettent pas d’isoler un effet propre du vin.

Lyon Diet Heart Study · publication initiale · 1994

Le cholestérol n’était pas un facteur qui changeait les résultats. Car les lésions d’athérosclérose étaient d’une très grande variété, et que ce serait un non-sens que d’attribuer cela au cholestérol. Encore une chose apprise et prouvée pour de bon grâce à cette étude !

En 1994, les lipides sanguins restent comparables entre les deux groupes malgré l’écart d’événements cardiaques. En 1999, le cholestérol total demeure associé aux récidives dans les analyses. L’effet du modèle alimentaire et la relation entre un marqueur et le risque constituent deux résultats distincts.

Lyon Diet Heart Study · analyse finale · 1999

Le chapitre 4 concerne les formidables découvertes de l’étude de Lyon. Les intervenants de cette étude étaient le Dr Michel de Lorgeril, Patricia Salen, le Directeur de l’INSERM Serge Renaud, le Chef de service de l’Hôpital Cardiologique de Lyon Pr Jacques Delaye, le Pr André-Fouet, le Pr Beaune, le Pr Delahaye, Pr Froment, Pr Normand, Pr Touboul, ainsi que les Professeurs Epstein, Ducimetière, Nordoy, Rutishauser, Righetti, et les Docteurs Paillard et Guidollet.

L’étude de Lyon (ou Lyon Diet Heart Study en anglais) avait été conçue dans les années 1980, et le but était de trouver comment réduire la production de plaquettes coagulantes dans le corps pour lutter contre la formation des caillots dans les artères. Ils pensaient que diminuer l’activité des plaquettes serait une solution.

Des épidémiologistes avaient auparavant présenté les Méditerranéens (surtout les Grecs) et les Japonais comme ayant moins de maladies cardiovasculaires. Le modèle nutritionnel méditerranéen fut donc adopté car plus facile à accepter et à mettre en place en France.

Changer les habitudes alimentaires de personnes est très difficile, et ils se sont inspirés des travaux de Paul Watzlavick et Milton Erickson pour le faire. Il fut découvert que ce régime n’avait pas d’effet sur l’activité plaquettaire, mais de gros effets sur la santé en général.

Les patients devaient baisser leur prise de produits animaux et de leurs graisses, dans le but de réduire le taux de cholestérol. C’est à dire moins de viandes grasses et charcuteries, presque pas d’oeufs, produits de la mer gras déconseillés, même le poison gras, et même les amandes, les noix et arachides, ainsi que les avocats étaient déconseillés. Il n’a pas été possible de conseiller de boire plus de vin rouge, pour des raisons éthiques, bien qu’ils sont persuadés aujourd’hui que cela aurait encore amélioré les résultats.

Le protocole du groupe méditerranéen décrit davantage de pain et de céréales, fruits, légumes, légumineuses et poisson, une partie de la viande remplacée par de la volaille, ainsi que des huiles d’olive ou de colza et une margarine de colza riche en acide alpha-linolénique à la place du beurre et de la crème. Ces consignes précisent le modèle alimentaire testé.

de Lorgeril et coll. · Archives of Internal Medicine · 1998 · description du protocole

L’objectif fut de rester juste en dessous, à 35% de graisses dans le total calorique quotidien, pour ne pas trop restreindre les participants. Pour ceux qui n’aimaient pas l’huile d’olive, ils pouvaient prendre de l’huile de colza.

Pour résumer, il s’agissait de manger : moins de produits animaux, viandes, charcuteries et produits laitiers, et plus de produits végétaux, fruits, légumes, légumineuses, et céréales. Tous les détails sur cette “diète méditerranéenne modernisée” sont page 255.

Principaux résultats de l’étude de Lyon

Avec les pré-résultats positifs, ils ont reçu des pressions de tout publier immédiatement, mais cela aurait terminé l’essai, et le groupe a bataillé pour pouvoir poursuivre même après suppression des soutiens financiers, afin de mener l’étude à terme et avoir des résultats plus probants et consolidés sur le moyen terme de plusieurs années supplémentaires. L’analyse finale fut publiée en 1999.

Cette étude démontra qu’en passant à une diète méditerranéenne traditionnelle, des patients réduisaient par 50 à 70% leurs risques de refaire un accident cardiovasculaire, que ce soit l’infarctus, l’AVC, ou l’insuffisance cardiaque, et il y avait moins de mortalité aussi.

Le critère principal publié en 1999 associe décès cardiaques et infarctus non fatals : 14 événements dans le groupe méditerranéen, contre 44 dans le groupe témoin, sur un suivi moyen de 46 mois. La comparaison porte sur des personnes ayant déjà eu un infarctus.

de Lorgeril et coll. · Circulation · 1999

Aucun traitement, encore aujourd’hui, n’a montré une efficacité préventive telle. C’est une découverte majeure !

Cette étude a heureusement été citée des milliers de fois depuis, et a inspiré beaucoup d’études supplémentaires de par le monde. La notion moderne de nutrition comme prévention des MCV et des cancers est partie de là. Une douzaine d’études ont été initiées depuis sur diverses populations, avec des résultats similaires, de moins de maladies et d’une espérance de vie allongée. Malgré tout, les résultats auraient été encore meilleurs si tous les participants avaient suivi plus précisément les conseils nutritionnels donnés, et si certains n’avaient pas été en phase terminale de vie avant le début de l’essai.

Nutriments, coagulation et cholestérol

Vitamine C, oméga-3, caillots et cholestérol
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Certains avaient un cœur très endommagé par de précédents infarctus. De nombreux patients avaient des déficits nutritionnels, carences en acides gras ou acides aminés essentiels, en vitamines du groupe B ou en vitamine C, ou en minéraux et oligo-éléments comme le sélénium. Et plus les déficits étaient grands, plus les problèmes cardiaques étaient graves. Pour résumer, pour avoir de bons muscles cardiaques il faut avoir suffisamment de sélénium et de vitamine C. Cela a été prouvé comme étant très important pour le fonctionnement cardiaque.

Mais aujourd’hui aucun docteur ou cardiologue ne recherche les déficiences éventuelles de leurs patients en vitamine C ou en sélénium.

En 2011 un grande étude épidémiologique sur 20 000 personnes a mis en évidence le manque de vitamine C et les risques d’insuffisance cardiaque, confirmant leur découverte de plus de 10 ans plus tôt. Mais notre système vasculaire est aussi important, et surtout la bonne santé de sa paroi interne, l’endothélium, et de systèmes biologiques qui dépendent de notre nutrition. Voir le chapitre sur l’hypertension.

La publication évoquée ici est celle de Pfister et ses collègues : 20 299 participants de la cohorte EPIC-Norfolk, suivis en moyenne 12,8 ans. Une concentration plasmatique de vitamine C supérieure de 20 µmol/L est associée à un risque relatif d’insuffisance cardiaque inférieur de 9 % après ajustements. Cette étude observe un biomarqueur ; elle étudie une association plutôt que l’effet d’une supplémentation.

Pfister et coll. · American Heart Journal · 2011 · EPIC-Norfolk

Plus loin, dans le chapitre sur l’infarctus, il explique comment rendre son cœur résistant. Il y a au moins 3 moyens connus pour cela :

  • l’exercice physique modéré
  • la moindre consommation d’alcool
  • la consommation de certains polyphénols végétaux
  • Les oméga-3 renforcent aussi la santé du muscle cardiaque.

Suivent des explications sur la formation des caillots qui conduisent à l’infarctus. Cette formation de caillot est directement liée au mode de vie. Par exemple la viande contient un acide gras, dit arachidonique, fabriqué à partir de l’oméga-6 linoléique, qui augmente l’activité des plaquettes qui forment les caillots. Le ratio oméga-3/oméga-6 est crucial pour maintenir l’équilibre entre fluidification et coagulation du sang, et ce n’est pas compliqué de le maintenir au bon équilibre, puisque c’est justement celui qu’on trouve dans le régime méditerranéen !

Il rappelle que le cholestérol ne joue aucun rôle dans l’activité des plaquettes coagulantes. Celles-ci servent à bloquer les coupures ou fissures de la paroi artérielle, et ne rentrent donc en fonction qu’après une agression de cette paroi, par une substance toxique, comme les éléments de la fumée de cigarette par exemple. Après la coagulation se forme une structure plus solide, la fibrine, des filaments qui enserrent les plaquettes et les collent contre la paroi, et le caillot commence sa formation ainsi.

Les fumeurs et les diabétiques ont des taux de fibrinogène, la molécule à l’origine des filaments de fibrine, plus élevés que les autres. Ceux qui pratiquent l’exercice physique ou qui consomment du vin de façon modérée pendant les repas, ont au contraire moins de fibrinogène. La nicotine stimule la sécrétion d’adrénaline qui elle-même stimule l’activité des plaquettes, et le monoxyde de carbone présent dans la fumée est un vrai agresseur de la paroi des artères. Un vrai cocktail anti-santé !

Le chapitre 4 sur le cholestérol est important, car 7 millions de Français consomment des médicaments anti cholestérol, alors que la théorie en est fausse. Les traitements anti cholestérol sont aussi inutiles que nuisibles nous dit-il, et il nous conseille de lire son livre “Cholestérol, mensonges et propagande”, ainsi que les livres sur le sujet, aux éditions Thierry Souccar.

Les essais alimentaires et les essais de baisse du LDL évaluent des interventions différentes. La synthèse CTT de 2010 réunit 26 essais randomisés et environ 170 000 participants : une baisse de 1 mmol/L du LDL s’accompagne d’une réduction relative de 22 % des événements vasculaires majeurs. Le bénéfice attendu se lit aussi avec le risque de départ du patient.

Cholesterol Treatment Trialists’ Collaboration · Lancet · 2010

Il nous explique ensuite en détails 2 théories sur l’athérosclérose. Il mentionne la lipoprotéine (a) dans un encart, mais ne fait pas référence aux travaux du Dr Matthias Rath et Linus Pauling et leurs découvertes et publications sur le sujet. A la question, “pourquoi la Lp(a) favorise les thromboses ?”, il répond qu’elle interfère avec la fibrinolyse en diminuant son activité, et favorise ainsi la formation des caillots solides et obstructifs. Il mentionne un parallélisme entre Lp(a) et cholestérol, les deux étant pareillement élevés chez les patients. Il rappelle que les experts ignorent généralement cette Lp(a) qui est pourtant coupable, et non pas le cholestérol qui ne joue aucun rôle dans la coagulation, ni dans la biologie des plaquettes ou dans la fibrinolyse.

AVC, tabac et habitudes de vie

Le livre et mes commentaires sur les facteurs de risque
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Le chapitre 5 concerne les AVC, qui n’arrivent pas qu’aux personnes âgées, puisqu’un tiers des victimes ont moins de 65 ans. Les AVC hémorragiques représentant au moins 40% de tous les AVC.

Les données françaises de 2022 donnent un repère plus récent : près de huit AVC hospitalisés sur dix sont ischémiques, c’est-à-dire liés à l’obstruction d’un vaisseau. Les AVC hémorragiques correspondent à un saignement. AVC signifie « accident vasculaire cérébral ».

Santé publique France · données SNDS 2022 · BEH 2025

Beaucoup de médicaments favorisent les AVC hémorragiques, comme les statines et les fluidifiants. Il semble que l’athérosclérose observée dans les artères cérébrales est différente de celle des artères coronaires, car celles du cerveau sont de constitution différente, n’ayant pas de capacité musculaire pour la contraction spasmodique.

L’essai SPARCL, publié en 2006 chez 4 731 personnes après AVC ou accident ischémique transitoire, observe sous atorvastatine moins d’AVC ischémiques (218 contre 274 sous placebo) et davantage d’AVC hémorragiques (55 contre 33). Le bilan global des AVC favorise le traitement dans cette population. Ces résultats se lisent avec le type d’AVC et le profil des personnes incluses.

SPARCL · New England Journal of Medicine · 2006

La troisième partie du livre concerne les facteurs de risque conventionnels de l’infarctus et de l’AVC. Un encart sur le tabac est particulièrement intéressant, car il mentionne la toxicité du monoxyde de carbone comme étant particulièrement agressif pour la paroi des artères.

A mon avis cela parallèle les explications du Dr Laurent Schwartz qui a découvert durant ses recherches sur la nocivité des cigarettes pour les fabricants de tabac, que le plus dangereux était le CO2 aspiré en fumant, issu de la combustion. En effet ces deux gaz sont acidifiants, comme on le sait bien dans les milieux écologiques, puisqu’on entend tout le temps dire que les océans s’acidifient en absorbant le CO2 de l’atmosphère.

Notre corps étant majoritairement de l’eau, et nos cellules baignant dans une matrice d’eau et de collagène, on imagine le mal que peuvent nous faire ces gazes, en acidifiant notre eau. Normalement le CO2 est un déchet de combustion que notre corps rejette par l’expiration pulmonaire, alors quel absurdité d’en avaler en fumant ou en buvant des sodas. Ce CO2 est peut-être, d’ailleurs, l’élément le plus nocif des boissons gazeuses, avant les sucres ajoutés…

Le monoxyde de carbone (CO) gêne le transport d’oxygène en se fixant à l’hémoglobine. Dans l’étude expérimentale d’Allred, menée chez 63 hommes coronariens, l’exposition au CO avance l’apparition de l’ischémie à l’effort. Le CO et le dioxyde de carbone (CO₂) correspondent à deux molécules et à des mécanismes distincts ; le rapprochement proposé ci-dessus avec les boissons gazeuses relève d’une interprétation personnelle.

Allred et coll. · New England Journal of Medicine · 1989

Les chapitres suivants abordent les diabètes, l’hypertension, le cholestérol, l’obésité, la sédentarité, la pollution et les problèmes chroniques, les traitements conventionnels pour prévenir l’infarctus. On y apprend plein de détails sur les médicaments toxiques et appareils utilisés.

La suite explique comment modifier son mode de vie, concernant l’exercice physique et sexuel, la gestion du stress, et passe en revue quelques médecines alternatives, et à partir de la page page 241, il explique en détails la nutrition à adopter pour prévenir les MCV, et donc les cancers et nombre d’autres maladies.

C’est donc un livre très complet, sérieux et très utile que je conseille de lire, ou au moins d’utiliser pour changer de mode de vie, et donc être beaucoup moins malade dans l’avenir.

Pour poursuivre la lecture

Dernière mise à jour : 15 octobre 2026.

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